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Shreeji Violences basées sur le genre : « Koupab » : un film pour sensibiliser 16 Dec 2021
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Depuis environ une année, l’association Shreeji qui intervient sur des poches de vulnérabilité au niveau de Baie du Tombeau, s’est engagée dans un programme d’autonomisation des femmes-bénéficiaires de ses services. Parmi ses interventions, elle a noté une recrudescence de la violence basée sur le genre depuis le premier confinement et à ce titre, a lancé des actions de sensibilisation depuis le mois dernier. Notamment un film de trente minutes, « Koupab », réalisé avec ses bénéficiaires et des bénévoles, et diffusé pour l’instant sur les réseaux sociaux Youtube et Facebook.


Vous opérez depuis maintenant trois ans sur Baie du Tombeau avec pour principales populations-cibles : les enfants et les femmes. Pouvez-vous parler de votre projet de « women empowerment » ?

Un de nos projets-phare et qui me tient à cœur est notre programme d'éducation des enfants. Ce projet est actuellement à l'arrêt et affecté par la pandémie de COVID-19. Nous poursuivons cependant en effet un projet d’autonomisation des femmes (les mamans de nos enfants-bénéficiaires) et qui est financé par le Haut-Commissariat du Canada en Afrique du Sud.
S’occuper des mamans est important dans la mesure où après notre intervention, nos enfants retournent chez eux au sein de leurs familles respectives. Les familles de la région où Shreeji opère sont principalement des familles vulnérables et la zone que nous couvrons est touchée par divers fléaux sociaux. Sous le projet que nous menons actuellement, nous avons regroupé environ 80 femmes en leur donnant divers cours de maquillage, confection de sacs, bijouterie et des « soft skills ».


Au-delà de les « empower », puisque ces dames ont pour la plupart, eu peu d’exposition préalable au monde du travail, l’objectif était aussi d’avoir, par extension, un impact positif sur vos enfants-bénéficiaires ?

Un des buts de notre intervention auprès d’elles étaient en effet de les aider à être plus présentes dans le programme d’éducation de leurs enfants. Au bout d’une année, je peux dire que l’un des impacts que nous notons est une nette amélioration des liens enfants-mères.

 

Vous vous êtes lancés dernièrement sur un plan de sensibilisation sur les violences basées sur le genre. Que notez-vous de vos interventions terrain sur cette question de violence, particulièrement envers les femmes ?

En ce moment, nous sommes en plein dans la campagne des 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre (NDLR : événement international annuel qui débute le 25 novembre, date de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et se poursuit jusqu’au 10 décembre, date de la Journée des droits humains). Des faits et des chiffres du monde entier révèlent que la lutte pour éradiquer la violence à l'égard des femmes est loin d'être gagnée. Et les situations de confinement sont venues exacerber cette violence. (NDLR : 480 cas de violence envers les femmes ont été rapportés au Family Support Bureau du Ministère de l’Egalité des Genre et du Bien-Etre de la Famille pendant le premier confinement [mars – mai 2020]). Il y a ainsi un appel urgent à l'action pour remédier à cette situation.

Au niveau des quartiers dans lesquels nous intervenons, nous notons que la dépendance des femmes sur leurs conjoints pour tous leurs besoins globaux – nourriture, logement, finances… - les renferment encore dans ce cycle de violence. Elles n’ont nulle part où aller, alors elles subissent. Elles restent souvent pour leurs enfants aussi. D’où l’importance pour nous de les rendre autonomes.

 

Quelles sont les actions que vous avez mises en place pour travailler sur la question de la violence basée sur le genre ?

Il y a eu la diffusion, depuis le mois dernier, d’un film de sensibilisation que nous avons réalisés avec nos bénéficiaires et une équipe de bénévoles, et qui traite de cette question. Le film s’appelle « Koupab » et fait partie d’une campagne de sensibilisation globale. Au-delà du film, trois ambassadeurs se sont joints à notre cause pour sensibiliser davantage via leurs réseaux respectifs sur la question : le slammeur Stewelderson Casimir a composé un slam avec des paroles poignantes, inspirées de nos entretiens avec nos bénéficiaires lors de notre travail en amont. Ce slam a été diffusé sur les réseaux sociaux quelques semaines avant la sortie du film ; le mannequin local et international Shameer Abdul Raman ; et la Miss Earth Mauritius 2020, Nelvina Bakshya.
Le film peut être vu sur Youtube et nous avons un lien sur notre page Facebook. C’est un petit film de 30 minutes qui parle de la culpabilité que ressent un homme pour les violences qu’il a pu faire subir à sa compagne. Cet angle est intéressant selon moi et je souhaiterai que le plus de monde possible ait l’occasion de le voir, des femmes mais aussi des hommes. Nous prévoyons de le diffuser dans un maximum d’endroits dès que possible.

 



Quelles sont les choses les plus importantes à considérer quand on se positionne comme (relativement nouvel) acteur de sensibilisation sur la violence envers les femmes ?

Je pense que nous devrions nous concentrer sur les bonnes pratiques pour combattre et éliminer la violence à l'égard des femmes, qui est une question qui doit être abordée à plusieurs niveaux et dans plusieurs secteurs de la société simultanément, en basant les actions qui en découleront sur le vécu et les avis des femmes directement concernées, qu’elles restent au cœur de ces actions et décisions... Je pense qu’il est important qu’elles soient empowered pour oser élever leurs voix et que c’est de cette manière que la sensibilisation sur la violence à l’égard des femmes pourra évoluer.

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