Actus

Autisme Maurice Nouvelle structure pour les ados 31 mars 2015
  • Equipe de Cedam mars 2015.JPG
  • Equipe de Cedam mars 2015.JPG (1)

Jeune association professionnelle et dynamique, Autisme Maurice compte bien des réalisations. Créée en 2010, l’ONG gère déjà un Centre de diagnostic, deux écoles spécialisées et depuis janvier un atelier pour les adolescents et jeunes adultes autistes. Incursion dans "leur" monde.

Certains restent totalement silencieux, d’autres chantent ou veulent à tout prix engager une conversation avec de grosses difficultés pour se faire comprendre… Au milieu de ces 5 adolescents et adultes autistes, les éducateurs spécialisés sont parfaitement à l’aise. Ils utilisent, par exemple, des cartes avec des visuels (The Picture exchange Communication system) pour amorcer un dialogue, confirmer un souhait (manger, aller aux toilettes…) ou faire régner une certaine discipline.

« Nous utilisons aussi des smileys pour conforter un bon comportement ou sanctionner un mauvais, c’est ce qu’on appelle le renforcement positif, en pédagogie », explique Désirée Pointu.

Désirée a déjà une longue expérience avec les enfants autistes, puisqu’elle a été assistante de vie scolaire auprès d’un élève autiste au Lycée Labourdonnais, puis enseignante spécialisée dans les classes d’Autisme Maurice. Avec ses collègues, Vincent Rosemond et Manesha Karrim, Désirée anime une nouvelle structure pour les adolescents et les adultes autistes, au sein d’Autisme Maurice.

Pour l’instant, 5 bénéficiaires fréquentent cet atelier. Agés entre 13 à 26 ans, ils se comportent davantage comme des « enfants » en raison de leur handicap et de leur maturité que comme des adolescents ou des adultes.

« Notre mission sera de les amener vers plus d’autonomie et d’atteindre des objectifs individualisés à moyen terme. Par exemple, le brossage des dents. Ce geste simple implique toutefois de reconnaître la brosse à dent, le dentifrice, de ne pas manger le dentifrice… », détaille Désirée Pointu, « nous allons également leur apprendre à préparer un sandwich, faire la vaisselle, jardiner… Nous refusons de les considérer comme des bébés, ici ce n’est pas une garderie, mais bien un centre d’apprentissage. »

Formation professionnelle

Pour la socialisation, différentes sorties sont prévues. « Nous avons commencé avec des sorties à la piscine Serge Alfred, des balades au jardin Balfour... Ces marches sont l’occasion d’expliquer la signalisation routière et les dangers urbains. Arrivés à destination, nous leur expliquons comment aborder une conversation avec un pique-niqueur, sans l’importuner », explique Vincent Rosemond, éducateur, « L’intégration sociale est primordiale. Nous irons aussi faire des achats au supermarché pour leur apprendre à gérer l’argent, se renseigner auprès d’un vendeur, dialoguer avec le caissier… ».

L’orientation professionnelle ou au moins la découverte de leurs centres d’intérêt personnels tiendront également une grande place dans le programme. Pour développer leur fibre créatrice, l’artiste Jacques-Henri Dick a commencé à animer des ateliers.

Les bénéficiaires sont aussi initiés aux soins des chevaux, au ranch de Cottage. « Si nous leur trouvons ensuite des stages et des professionnels compréhensifs qui acceptent de travailler avec eux en binôme, ce serait l’idéal », envisage Vincent Rosemond.

Un point de vue partagé par Manesha Karrim, sa collègue éducatrice : « L’éducation, l’autonomisation et la formation professionnelle des autistes sont essentiels. Les materner, ce ne serait pas les aider sur le long terme, car leurs parents ne seront pas éternels. Qui va prendre soin d’eux, si plus tard ils sont totalement dépendants ? Un adulte autiste non stimulé, qui reste à la maison, régresse forcément ».

Cette prise en charge spécialisée qui semble ardue, ne l’est pas tant pour Désirée, Manesha et Vincent. « Nous sommes des professionnels formés spécifiquement pour collaborer avec les autistes. Mais c’est certain que pour comprendre ce monde, leur monde, il faut s’y immerger, faire beaucoup de recherches sur internet, confronter nos expériences… », assure Vincent Rosemond, qui a travaillé également en Australie, pendant un an et demi.

Challenge

La vocation pour le travail avec les autistes, sa collègue Manesha Karrim, l’a forgée à l’école spécialisée Anou Grandi, à Rivière du Rempart. C’était avant qu’elle ne rejoigne Autisme Maurice. « Mes débuts comme éducatrice spécialisée ont été très difficiles, je me suis fait déchirer un vêtement et j’ai déjà été blessée physiquement par des élèves… Mais plus un enfant était difficile à comprendre et à canaliser, plus j’étais motivée pour aller chercher des stratégies pour entrer en communication avec lui et le calmer. Je me souviens très bien d’un enfant qui tapait sa tête contre mon ventre pour entrer en contact avec moi, car il ne parlait pas. Les autistes non verbaux représentent pour moi le plus gros challenge professionnel, mais jamais je ne me décourage ! ».

Tel : 465 3120

« Retour à la page Actus
Les autres actus de cette ONG
  • DSC_0615.JPG
    Géraldine aux multiples casquettes
    Autisme Maurice
    25 nov. 2019
    Lire Plus
  • DSC_0401.JPG
    Nouvel axe d’entreprenariat social pour Autisme Maurice
    Autisme Maurice
    23 sept. 2019
    Lire Plus
  • Légende  Photo 4_Géraldine Aliphon, directrice d’Autisme Maurice.JPG
    QUESTIONS A : Géraldine Aliphon de l’association Autisme Maurice
    Autisme Maurice
    28 mars 2019
    Lire Plus
  • Geraldine Aliphon2.JPG
    Géraldine Aliphon : « L’autisme est complexe et nécessite que le diagnostic soit posé par une équipe pluridisciplinaire ».
    Autisme Maurice
    02 avr. 2018
    Lire Plus
  • 13529265_1118470341529456_1810454840669329405_n.jpg
    Ouverture d’une boutique solidaire
    Autisme Maurice
    08 juil. 2016
    Lire Plus
  • Géraldine-Aliphon,-directrice-d’Autisme-Maurice.jpg
    Géraldine Aliphon, directrice d’Autisme Maurice
    Autisme Maurice
    03 févr. 2016
    Lire Plus
  • Autiste ou pas, tous égaux !
    Autisme Maurice
    03 avr. 2015
    Lire Plus
Entrez votre demande (par mots-clefs) :